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[A]ngelo Du lac (22 Novembre 2005)

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Un petit texte qui était à l'origine un sonnet que j'avais écrit au lycée, sur le théme de la douleur amoureuse, et dont j'avais voulu doté d'une chute un peu particuliére. Hélas le passage en texte dénature un peu le côté tragico-comique du sonnet...

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[ Version Word ]

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Angelo Du lac

 

La surface calme du lac se rida d’une dizaine d’ondelettes concentriques.

Angelo pleurait.

Et ses larmes, insignifiantes, se mêlaient à l’eau limpide du lac. Pourtant autour de lui ce n’était que profusion d’amour, de joie et de bonheur.
Les geais d’un bleu profond pépiaient gaiement dans la charpente touffue d’un chêne séculaire, et prés de lui un immense saule voûté et flétri caressait de ses innombrable doigts la délicate surface de l’eau.
Un majestueux cygne d'un noir comme profond passa négligeament prés d’Angelo, ne lui accordant pas plus d’importance qu’à un vulgaire insecte.

Angelo jeta un autre galet dans l’eau redevenue calme.

Le cygne lui tourna royalement le dos et avança plus rapidement pour rejoindre une belle femelle d’une blancheur aussi immaculée que sa noirceur était profonde.

L’Amour…un vulgaire mot se dit Angelo en laissant s’échappé une autre larme. Celle-ci roula rapidement pour chuter dans le vide, comme attirée irrésistiblement vers ses sœurs.
Non, plus qu’un mot, plus encore qu’un sentiment ce dit-il, une douleur. Une douleur poignante, lancinante, qui prenait son petit cœur entre ses serres pour y planter d’avides griffes. Une douleur qui écartelait son être, qui révélait au jour des faiblesses enfouies au plus profond de son Ame.

L’Amour l’avait trahi, à quoi bon espérer encore ? De quelle terre stérile pouvait t’on faire jaillir un blé d’or ?

Il pleura un peu plus fort. Il aurait aimé se retenir, contenir au plus profond de lui ses larmes. Un trop plein de sentiment qu’il fallait à tout prix évacué, un trop plein d’Amour vicié.
Mais ses sanglots reprirent, comme autant de lames qui lui déchiraient le corps, qui mettait à bas, morceaux par morceaux, son armure méticuleusement bâtie.

Pourquoi fallait-il toujours que l’Amour soit à la fois si intense et si douloureux ?

Autour de lui la nature frissonna un peu plus. Les épaisses touffes de joncs frétillaient un peu plus fort sous les assauts charnels d’un colvert qui faisait ardemment sa cour.
Autour de lui ce n’était qu’Amour et lui…

Qu’avait-il fait de trop ? Il lui avait offert les plus beaux bouquets de nénuphars de la région, des nénuphars à la corolle si rose, au cœur si jaune que le soleil, en comparaison, en paraissait pale. Il avait passé des heures à écrire milles et un poèmes qui tous vantaient sa beauté, sa croupe et ses digne lignes. Des rimes qui s’enorgueillissaient de sa verdâtre et ô combien si délicate peau. Et bien sûr de ses sublimes yeux couleurs ambre jaune.

Qu’avait-il fait de trop ? Il l’avait accompagné, transit d’amour, dans une cour endiablée, dans son ballet aquatique, liant fougueusement leurs corps tachetés de noir dans l’eau froide du lac. Il lui avait même gardé les meilleurs moucherons et ces succulentes libellules qui croquaient si agréablement sous la dent.

Qu’avait-il fait de trop ? Angelo n’aurait jamais sa réponse. Et c’est en croassant qu’il replongea dans l’eau calme du lac…